USA #4: Arizona Dream

 "TV screen make you feel small

No life at all"

La voie profonde d'Iggy Pop vient de résonner en vous? La vision hypnotique d'un poisson nageant en plein désert vous rappel un Johnny Depp à la poursuite d'un rêve américain fragile et décevant ? Il y a pour moi des films qui sont indissociables de leurs bande originale, Arizona Dream est de ceux là. Peut être parce que j'ai écouté cet album à la pochette lunaire avant d'avoir la curiosité (et eMule...) de visionner le film. Ou peut-être parce que c'est la touche indispensable à cet ovni cinématographique pour nous immerger dans les tourments du personnage. "In the death car, we're alive" - Iggy Pop


Notre rêve d'Arizona à nous, plus terre à terre, quoique, nous conduit dans la région de Sedona. Sedona, pour un voeux opportun en cette période de fêtes: profiter du sable du désert et ses fissures de grès. Sedona pour un "sand wish" donc, pour le sandwich, c'est Daunat.


Voeux exhaussés, je ne crois pas que nous soyons rentrés un soir déçu de nos journées de grimpe. Aucun cactus si piquant soient ils, aucuns Yuka si fourbent soient ils, aucun ravins si casse-gueule-fait-chier-j'ai-du-sable-dans-les-chaussettes soient ils n'ont réussis à entacher le plaisir passé à escalader les tours et les canyons de la foret de Coconino. Longueurs d'anthologies, sentiment d'aventure et paysage magnifique ont fait de Sedona une super découverte, en marge des sites classiques des rock trip de l'ouest état-uniens.


Alors bien-sûr, je ne peux pas parler de Sedona sans aborder les vortex: Les formations rocheuses autour de la ville seraient des lieux à haute puissance énergétique. Des vortex qui selon les croyances New Age permettraient le rééquilibrage énergétique, seraient propices à la guérison du corps et de l'esprit, faciliteraient la méditation, la lecture des cartes, l'ouverture des chakras et même le retour de l'être aimé et de gagner au loto.


Zut, je m'étais promis de ne pas me moquer! C'est vrai, je suis un peu moqueur en voyant au coucher du soleil un adepte s'asseoir en tailleur, bâtonnet d'encens allumé et entamer une médiation au milieu du bazar touristique,  avec derrière lui des groupes adeptes du selfie organisant leurs séances photos. Ces méditations en cercle bercée par le va et vient des Jeep touristiques. Le business autour de ces courants ésotériques rend la chose un peu caricaturale également. En ville, les voyants et les chamans tiennent boutiques: vente de cristal, lecture des lignes de la main, diagnostiques énergétiques, photos de votre aura etc. Business lucratif ? A en lire les articles traitant du sujet, certains attrapent même la "Red Rock Fever" et finissent par s'installer dans ce paysage de terre rouge, pour le plus grand bonheur des agences immobilières.


Je me moque mais finalement, comme un peu d'introspection fait rarement de mal, je modère ma condescendance. Que faisons-nous là, nous, si ce n'est nous polariser sur ces mêmes formations rocheuses à des milliers de kilomètres de nos maisons? Attiré par une sorte de trans également, vécu à la vertical. A la recherche de ce flow, ce moment ou aucune autre pensée ne parasite le moment présent. Finalement, en quoi notre recherche de bonheur serait elle plus vertueuse, plus noble ? Quand à la Red Rock Fever, je fais attention, le variant Indian Creek est paraît-il très contagieux.

"Le vent souffle, en Arizona

un état d'Amérique dans lequel Harry zona" - MC Solaar

C'est fou la vie, me dit Caro, t'aurais pensé un jour écouter cette musique en Arizona ? 2025 se termine, notre Nouveau Western touche à sa fin, nous quittons l'Amérique du nord demain en direction du Chili. Effectivement, c'est fou la vie.