USA #5: Civilisazion, ce pépin.

Après deux mois en quasi autarcie dans la vallée Chilienne de Cochamó, le retour à la civilisation est Brutal. La ville a d'abord ce petit côté familier, je me plaîs à retrouver confort et opulence malgré le bruit des voitures et l'odeur des crottes de chien. Puis vient le gravillon dans le chausson : L'eau a un goût de chlore. Javel dire autrement, mes petites habitudes déconstruites, me voilà plus sensible aux incohérences distillées dans notre monde de fou. Celle-là même que j'avais pris l'habitude de laisser de côté, celles auxquelles on s'habitue, de grès ou de force, me reviennent comme une tarte en pleine figure.

Le chlore est partout:  On le boit, on le mange, le lis et l'écoute. Une solution : Le citron. Solution de fait, le mélange d'eau et de citron étant une solution, la solution est la solution - CQFD. Jamais en manque d'agrument, il est acidu face aux débats et préserve de la pourriture, parfait pour se détendre la rondelle. Une fois consommé ses propriétés a le câline apporte même un zeste de tendresse réconfortante. On ne règle pas le problème mais on le masque, élément du costume très à la mode en ce moment. Cette période où une minute de silence en dit long sur les années à venir. Cette période où le Roi devient noir par un simple ajout de haine. Plus de doute, y citronne le roi des cons, et ses 50 70 millions de prétendants.

Difficile de clore mais tu limon blog et t'es peut-être pressé, alors avançons.

Grrrr... Encore malade ! sans slamenter, j'étais sûr que ça me tomberait dessus. Bus de nuit, vol de nuit et décalage horaire auront eu raison de mes anticorps. Soucieux de me fondre dans cet environnement de givré, c'est malade confit notre retour à l'anormalité, le virus rapidement partagé avec Caroline, solidaire. C'est avec Plaisir que nous retrouvons Hervé, notre bulle de confort et de liberté et partons tout les quatre ( Suivez !) en Utah prendre nos quartiers. Petit bonheur, mes parents nous ont rejoints pour lier l'utile à l'agréable : revoir leur fils chéri et visiter les parcs nationaux, ordre non défini.

Même si les températures sont déjà bien clémentes ( Facho en cette période d'ice crime, mais on n'oublie pas de citrater ), la route nous conduit à faire une halte dans Valley of Fire. Les paysages flamboyants du désert, je ne m'en lasse pas. De l'art naturel dans les couleurs et les formes, les lumières. On observe le chaos et les traces de la construction du monde. 


Nous retrouvons ensuite Zion National Park. Quelques jours de grimpe plus ou moins fructueux, vu l'énergie du moment, nous rappellent à quel point cet endroit est magnifique. Magnifique et bien géré, ici les navettes électriques remplacent les voitures individuelles. Silence, on grimpe.



C'est toujours impressionnant de grimper dans un canyon, il y a 
une ambiance propre. L'encaissement, la multitude de murs à la verticalité parfaite, le jeu des ombres et du soleil, l'empilement des couleurs et puis la rivière, tout en bas, qui continue de creuser, inlassablement.

C'est déjà le printemps et quelques parois sont fermées à l'escalade pour cause de nidification de rapaces. Nous grimpons tout de même quelques classiques que je me languissais de parcourir et comme toujours, le grès de l'Utah ne nous a pas déçu.



Ce n'était pas forcément prévu de grimper à Zion dès notre retour aux U.S, pressé que nous étions de revoir Indian Creek, mais l'occasion était trop belle. Être dans ces environnements et revoir sa famille tend à faire passer le goût du chlore. C'est finalement agréable de reprendre sa place d'oisif privilégié, ses habitudes et d'oublier (accepter?) un peu l'actualité déprimante.

Pierpoljak avait raison, c'est à Zion que l'on quitte le monde des fous pour de bon.